Sur mon ordinateur de privilégié(e)
J’écris une Nouvelle.

Sur mon clavier bien ordonné
Je donne de ses nouvelles.

Des nouvelles de qui ? Des nouvelles de quoi ?
« Des nouvelles de l’Humain ».

« Pas de nouvelles, bonnes nouvelles »,
Dit-on, mais l’Humain
Ne va vraiment pas bien.

Alors oui, pour cette Nouvelle !
Ma nouvelle !
Bien là, pas forcément bonne,
Tant pis, si elle détonne.

Alors donc, allons, allons…
Découvrir la Nouvelle ce matin…

« Tout ce qui est humain est nôtre »

Des nouvelles de l’Humain, mes frères ?

« Bonjour ! C’est le facteur !

J’ai pour vous de bonnes nouvelles : pour cette année 2007, le Secours Populaire Français organise un concours littéraire destiné à donner la parole à ceux qui ne l’ont pas. Alors, moi, je vais vous « parler » de l’Humain… car « Tout ce qui est humain est nôtre ».

Voilà… Il y a longtemps, un temps où l’Humain n’était pas un sujet médiatique, les hommes vivaient en harmonie parfois, en disharmonie souvent. Mais, au fond, bons ou mauvais leurs rapports demeuraient humains. C’était le temps des vrais facteurs.

Oui, vous vous souvenez !

Une espèce de brave homme, à pied ou à vélo, qui s’attardait chez chacun pour écouter bonheurs et malheurs. Comme certains disent aujourd’hui, « ON vivait dans la convivialité ». Et comme d’autres disent aussi, « ON savait communiquer ». Avec leur facteur, les gens racontaient tout et rien à la fois, la mort du vieil oncle revêche, l’infidélité de la boulangère trop légère, la politique « de ceux qui s’enrichissent sur not' dos, tous ces Gros »… Pour les vieux, isolés chez eux au fond de leur campagne, c’était l’instant où ils pouvaient parler ou simplement écouter.

Aujourd’hui, il y a toujours des facteurs… Mais ils doivent suivre un plan de tournée, chronométré, et même, supervisé par la nouvelle génération des contrôleurs. Eh oui, maintenant tout se contrôle, son temps, sa ligne, son budget, la qualité, les naissances…  et surtout les gens ! Donc plus question de s’attarder chez Madame SOLO «  qui a perdu son mari l’année dernière, emporté par le cancer. On sait même pas qu’elle mange pas toujours à sa faim, qu’elle dort plus, tellement elle est désespérée d’être si seule. Même ses enfants ont oublié qu’ils avaient une mère. D’ailleurs, elle rit plus, joue plus. Et même, qu’elle parle à peine cinq minutes par jour, juste quand elle va visiter sa boîte aux lettres vide… si elle a la chance de rencontrer un voisin ».

Et l’humain dans tout cela est-il nôtre ?

Sommes-nous maintenant comme les facteurs, obligés de suivre notre tournée chronométrée, notre existence débordante d’activités ?

MATIN, boulot, après avoir déposé nos marmots…

MIDI, déjeuner vite fait, on est pressés ! Néanmoins nous chipotons, pinaillons, récriminons dans notre assiette. Est-ce assez bio ? Est-ce assez light ? Avec ou sans OGM ? Enrichi en Oméga 3 ? Pas trop de cholestérol ? Que c’est dur de se nourrir, difficile de rester en bonne santé ! Et qui plus est, il y a les courses ! Quelle corvée !... Les ranger !... Épuisant ! Si seulement on avait la chance de pouvoir s’en passer ! Et patati, et patata…

SOIR, vidéo, dodo,

Rideau !

Et d’autres, pendant ce temps font la manche au feu rouge, boivent du rouge pour calmer leur faim, et oublier demain. Eux, ils font rideau pour le boulot, les marmots et la vidéo. Oui, pour le dodo, évidemment, mais pas toujours au chaud.

Mais qui sont-ils ?

Alcoolos en solo, parasites qui résistent, ratés sans pedigree, Rmistes défaitistes…

On continue Madame ?

On continue Monsieur ?

Sont-ce là vos pensées, vos clichés vos préjugés ?

Est-ce cela l’Humain ? La faute à qui ? Pas à vous, pas à nous, bien sûr !

A part ça, l’Humain c’est bien. Oui : « Tout ce qui est humain est nôtre ».

Quel beau sujet pour les artistes et les intellos. Des affiches hier, aujourd’hui des textes, un recueil peut-être ? Un concours sûrement… J’y participe, car tout ce qui est humain est mien. Pourquoi ? « Sais pas ! » comme dirait mon fils. Peut-on faire avec les mots des « actes d’humanité » ?

Des mots pour des actes…

Oui, cela se peut !

Ce sont des femmes, des hommes tous ré-UNIS en association, jeunes, vieux, engagés, sans préjugés… avec travail, famille, dignité, légitimité, dotés d’énergie, pleins d’espoir.

Pour ceux-là, les mots pansent les maux de l’Humain, ils disent : « entraide », « confiance », « générosité », « partage », « réciprocité », « justice », « respect », pour eux leurs mots sont des actes.

Ils sont là, chaque jour, pour donner à ceux qui ont tout perdu ou jamais rien gagné des marques d’humanité : à manger, à écouter, à accompagner sur le chemin de l’humain.

Eux, ils ne détournent jamais les yeux. Le découragement, le désespoir, ils l’affrontent. La pauvreté (la précarité devrais-je dire… politiquement plus porteur) mes frères, sachez-le, ça ne s’attrape pas !

Pour vous, Inconnues et Inconnus du Secours Populaire Français, OUI !

Tout ce qui est humain est Vôtre.

Alors, aidez-nous, pour que dorénavant…

Tout ce qui est humain soit aussi Nôtre.

Merci et à bientôt

Le facteur